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Vie Pratique

Les femmes sont davantage victimes de maladies cardiovasculaires que les hommes

En Belgique, les maladies cardiovasculaires touchent les femmes encore plus durement qu’on ne l’imagine souvent. Selon la Ligue cardiologique belge, 17 000 femmes meurent chaque année de maladies cardiovasculaires, contre 14 000 hommes. Et quand un infarctus survient, la mortalité dépasse 10 % chez la femme, contre 5,5 % chez l’homme.

Ce que cela change pour toi, c’est simple : si tu es une femme, ou si tu t’occupes d’une femme de ton entourage, il ne faut pas sous-estimer les signes d’alerte. L’infarctus, la crise cardiaque et l’AVC restent la première cause de décès chez la femme, devant le cancer, y compris le cancer du sein. Le vrai enjeu, c’est de repérer plus tôt les risques et les symptômes, parce que chez la femme ils sont souvent moins typiques.

L’essentiel a retenir : les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès chez la femme en Belgique, et leurs symptômes sont souvent moins évidents que chez l’homme.

  • 17 000 femmes meurent chaque année de maladies cardiovasculaires en Belgique.
  • La mortalité après infarctus est plus élevée chez la femme que chez l’homme.
  • Les signes peuvent être atypiques : fatigue, gêne digestive, mâchoire, souffle court.
  • Le tabac, le stress et une mauvaise hygiène de vie ont un impact plus fort chez la femme.
  • Après la ménopause, un suivi cardiovasculaire régulier devient particulièrement important.
  • En cas de doute, il faut agir vite : chaque minute compte.

Pourquoi les femmes sont-elles plus exposées ?

La réponse n’est pas que les femmes “font pire” que les hommes. Dans la pratique, elles sont surtout exposées à des facteurs de risque qu’on banalise trop souvent : tabac, stress chronique, alimentation déséquilibrée, sédentarité, surcharge mentale. Et l’expérience montre que ces facteurs n’ont pas exactement le même poids selon le sexe.

Le professeur Joëlle Kefer, chef adjoint du service pathologie cardiovasculaire de la clinique Saint-Luc, le rappelle clairement : les femmes sont de plus en plus exposées au tabagisme, au stress professionnel et à des habitudes alimentaires défavorables. Concrètement, une jeune femme qui fume peut subir un impact cardiovasculaire plus marqué qu’un jeune homme qui fume. Ce n’est pas une nuance théorique : c’est un vrai signal d’alerte pour la prévention.

Ce que cela implique dans la vraie vie

Si tu es dans cette situation, il faut regarder au-delà du “je me sens encore jeune donc je ne risque rien”. Les risques cardiovasculaires s’accumulent silencieusement. Une femme qui fume, dort mal, bouge peu et vit sous pression peut développer un terrain à risque sans symptôme spectaculaire pendant des années.

Autre point important : après la ménopause, le risque cardiovasculaire augmente souvent. Les protections hormonales diminuent, et les facteurs de risque deviennent plus visibles. C’est pour cela qu’un suivi médical régulier prend tout son sens à partir de cette période.

Les symptômes d’infarctus chez la femme ne sont pas toujours ceux qu’on imagine

On associe souvent l’infarctus à une douleur brutale dans la poitrine qui irradie dans le bras. C’est vrai dans certains cas, mais chez la femme, le tableau peut être beaucoup plus discret. Et c’est précisément ce qui fait perdre du temps.

  • Douleur dans la poitrine
  • Douleur ou gêne dans le bras
  • Sensation d’oppression
  • Souffle court

Chez les femmes, les signes peuvent être moins nets. Joëlle Kefer précise qu’elles se plaignent souvent d’une grande faiblesse, d’une respiration plus difficile, d’un inconfort dans la mâchoire, d’une gêne digestive ou d’un inconfort thoracique. Dans la pratique, ce sont justement ces symptômes “pas très impressionnants” qui retardent la prise en charge.

Les signes qui doivent te faire réagir sans attendre

Si tu ressens une fatigue inhabituelle et brutale, un essoufflement nouveau, une douleur diffuse dans le haut du corps, une pression dans la poitrine ou une sensation bizarre dans la mâchoire, il ne faut pas attendre que “ça passe”. Ce que cela change pour toi : plus tu agis tôt, plus tu réduis le risque de séquelles graves.

On dit souvent qu’en cas d’attaque cardiaque, il existe une fenêtre d’action très courte. Dans les faits, chaque minute compte. Attendre, se reposer “pour voir”, ou minimiser les symptômes est une erreur fréquente et dangereuse.

Les facteurs de risque à surveiller de près

Pour mieux prévenir, il faut savoir ce qui augmente réellement le risque cardiovasculaire. Dans ton cas, l’objectif n’est pas de tout contrôler, mais d’identifier les leviers les plus importants.

  • Le tabac : il abîme les artères et augmente fortement le risque d’infarctus et d’AVC.
  • Le stress chronique : il favorise l’hypertension, les troubles du sommeil et les comportements à risque.
  • Une alimentation déséquilibrée : trop salée, trop grasse, trop sucrée, elle pèse sur le cœur et les artères.
  • Le manque d’activité physique : il fragilise le système cardiovasculaire et favorise le surpoids.
  • Les antécédents familiaux : ils imposent d’être plus vigilante, surtout si un parent a eu un infarctus jeune.
  • La ménopause : elle marque souvent une hausse du risque, donc un suivi plus attentif.

Les professionnels observent généralement qu’une combinaison de petits facteurs finit par peser lourd. Ce n’est pas forcément un gros problème isolé, mais plutôt un ensemble : tabac + stress + sédentarité + tension un peu élevée + cholestérol mal suivi. C’est souvent là que le risque devient réel.

Comment réduire concrètement ton risque cardiovasculaire ?

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des actions très concrètes pour diminuer le risque. Pas besoin de viser la perfection. L’idée est d’agir sur ce qui compte le plus, de manière régulière et réaliste.

1. Arrêter de fumer, ou au moins entamer un vrai sevrage

C’est probablement le levier le plus puissant. Si tu fumes, même “un peu”, ton risque cardiovasculaire augmente. Chez la femme, l’impact du tabac peut être particulièrement délétère. En pratique, un accompagnement médical, une aide au sevrage ou un substitut nicotinique peuvent vraiment faire la différence.

2. Bouger régulièrement

Tu n’as pas besoin de faire du sport intensif. Marcher vite, monter les escaliers, faire du vélo, nager ou pratiquer une activité régulière suffit déjà à améliorer la santé du cœur. L’important, c’est la régularité. Mieux vaut 30 minutes de marche presque tous les jours qu’une séance intense une fois par mois.

3. Mieux surveiller ton alimentation

Concrètement, il faut limiter les excès de sel, les produits ultra-transformés, les graisses de mauvaise qualité et les sucres en trop grande quantité. À l’inverse, privilégie les légumes, les fruits, les légumineuses, les céréales complètes, les poissons et les bonnes graisses. Ce n’est pas une “diète miracle”, c’est une base solide pour protéger tes artères.

4. Ne pas laisser le stress s’installer

Le stress professionnel et mental n’est pas anodin. Il peut pousser à fumer davantage, mal dormir, manger vite ou bouger moins. Si tu es dans cette situation, il faut aussi penser récupération, sommeil et charge mentale. Dans la pratique, ce sont des facteurs de santé cardiovasculaire à part entière.

5. Faire un contrôle médical régulier

Après la ménopause, ou si tu as des antécédents familiaux, un contrôle annuel chez le médecin généraliste est recommandé. Il permet de surveiller la tension artérielle, le cholestérol, le diabète éventuel et l’état général du cœur. Ce suivi est d’autant plus utile si tu as plusieurs facteurs de risque.

Les erreurs fréquentes à éviter

On constate souvent que les femmes sous-estiment leurs symptômes parce qu’ils ne ressemblent pas à l’image “classique” de la crise cardiaque. C’est une erreur fréquente. Une gêne inhabituelle, une fatigue brutale ou un essoufflement nouveau méritent d’être pris au sérieux.

Autre piège : penser que l’absence de douleur intense exclut un problème cardiaque. En réalité, un infarctus peut commencer de façon moins spectaculaire chez la femme. C’est précisément pour cela qu’il faut être attentive à l’ensemble des signes.

Enfin, beaucoup attendent trop longtemps avant de consulter. Dans les faits, ce délai peut coûter cher. Si tu hésites encore, mieux vaut appeler rapidement un professionnel de santé ou les secours que de minimiser le risque.

Prévention et dépistage : ce qu’il faut faire maintenant

Si tu veux agir intelligemment, commence par faire le point sur tes facteurs de risque : tabac, tension, cholestérol, diabète, antécédents familiaux, niveau d’activité physique et période de ménopause. Ensuite, vois avec ton médecin ce qu’il faut surveiller en priorité.

La Ligue cardiologique belge organise d’ailleurs une semaine du cœur du 21 au 27 septembre, avec des dépistages gratuits dans de nombreux hôpitaux wallons et bruxellois. Si tu es concernée, c’est une bonne occasion de faire un contrôle sans attendre d’avoir des symptômes. En prévention, c’est souvent là qu’on gagne le plus.

FAQ

Pourquoi les femmes sont-elles plus exposées ?

Les femmes sont plus exposées parce que certains facteurs de risque comme le tabac, le stress et une mauvaise hygiène de vie ont chez elles un impact cardiovasculaire souvent plus important. En pratique, cela veut dire qu’un même comportement peut peser davantage sur leur santé cardiaque. Après la ménopause, ce risque augmente encore.

Quels sont les symptômes d’un infarctus chez la femme ?

Les symptômes peuvent être une grande fatigue, un essoufflement, une gêne dans la mâchoire, un inconfort digestif ou thoracique. Contrairement aux idées reçues, la douleur dans la poitrine n’est pas toujours le signe dominant. C’est justement ce caractère atypique qui retarde souvent le diagnostic.

Pourquoi les signes d’infarctus sont-ils plus difficiles à reconnaître chez la femme ?

Parce qu’ils sont souvent moins flagrants que chez l’homme. Une femme peut ressentir une faiblesse inhabituelle, une respiration plus courte ou une gêne diffuse, sans douleur intense. Résultat : elle peut attendre trop longtemps avant de consulter.

Combien de temps a-t-on pour agir en cas d’attaque cardiaque ?

Il faut agir immédiatement, car chaque minute compte. Plus la prise en charge est rapide, plus on limite les séquelles et le risque de décès. Si tu suspectes un infarctus, il ne faut pas attendre que les symptômes passent d’eux-mêmes.

Que faire pour réduire son risque cardiovasculaire ?

Il faut arrêter de fumer, bouger régulièrement, mieux manger et surveiller le stress. Un suivi médical est aussi important, surtout après la ménopause ou en cas d’antécédents familiaux. Dans la pratique, ce sont les petits changements réguliers qui protègent le mieux le cœur.

À partir de quand faut-il faire un dépistage cardiovasculaire ?

Un contrôle régulier est recommandé surtout après la ménopause ou si tu as des antécédents familiaux. Si tu fumes, si tu es stressée ou si tu as déjà de l’hypertension, il ne faut pas attendre. Le plus raisonnable est d’en parler à ton médecin généraliste dès maintenant.


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